Portrait du mois d’avril

Maryline Jury et les ateliers de pleine conscience et d’entraînement à l’attention

dernière séance

Comme tous les mois, une personne agissant dans son quotidien pour le bien-être des enfants se présente et nous en dit un peu plus sur son action. Je suis heureuse de vous présenter en ce mois d’avril, Maryline Jury.

  • Bonjour Maryline, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Bonjour, je m’appelle Maryline Jury, j’ai 36 ans et je suis maman de 2 enfants nés en 2008 et en 2010.

J’ai créé il y a 2 ans la structure Ateliers Ressources qui propose des ateliers de pleine conscience et d’entrainement à l’attention aux enfants et aux adolescents. Je propose également des formations aux enseignants qui souhaitent découvrir ces pratiques et les intégrer dans leur pédagogie.

  • Quelle action as-tu mise en place dans ton quotidien pour œuvrer pour le bien-être des enfants ?

Aujourd’hui, je consacre mon temps à l’animation d’ateliers dans un cadre privé (en petits groupes) et dans des établissements scolaires (en groupe classe, en présence de l’enseignant).

J’accompagne les équipes pédagogiques qui souhaitent monter des projets pour aider leurs élèves à développer leurs capacités d’attention et de concentration, mieux vivre avec leurs émotions, et cultiver la bienveillance envers eux-mêmes et envers les autres.

J’anime également des conférences-ateliers à destination des parents et éducateurs, en partenariat avec des associations de parents d’élèves, et des municipalités.

  • Qu’est-ce qui t’a amené à mettre en place cette action ?

J’ai passé dix ans à exercer le métier d’architecte-urbaniste, et j’ai particulièrement apprécié de participer à des projets de restructuration de quartiers difficiles, en créant notamment des espaces publics plus attractifs, et susceptibles de faciliter la rencontre et le lien social.

Au cours de ma première grossesse en 2008, j’ai vécu une joie immense accompagnée d’un très fort sentiment de responsabilité. C’est à ce moment-là que j’ai renoué avec la pratique de la pleine conscience que j’avais découverte adolescente. Je me suis également nourrie d’un grand nombre d’ouvrages sur le thème de la parentalité consciente et bienveillante.

J’ai eu la chance de rencontrer un pédiatre passionné par la théorie de l’attachement qui m’a transmis avec beaucoup de pédagogie les bases de la construction psychique du petit d’Homme, et je me suis rendue compte de l’importance fondamentale des liens précoces qu’entretient le nourrisson avec son environnement.

J’ai participé, en parallèle de mon travail d’architecte, à sensibiliser les parents, et les professionnels de la petite enfance, à la nécessité de cultiver la bienveillance envers les enfants pour qu’ils puissent se développer de manière optimale.

Pendant cette période, j’ai pu constater que pour beaucoup d’entre nous, il ne va pas de soi d’être bienveillant envers soi-même (nous nous fixons souvent des objectifs de perfection inatteignables) et envers les autres (nous leurs fixons également des objectifs de perfection inatteignables).

Il nous arrive souvent d’être prisonniers de schémas de pensées (le plus souvent construits dans l’enfance) qui nous coupent de la réalité telle qu’elle est « Les choses devraient se passer différemment », « je devrai me comporter de telle façon, je ne suis pas assez bon, les autres ne sont pas assez bons».

Cela crée en nous de nombreuses tensions qui nuisent à notre équilibre et aux relations que nous entretenons avec notre entourage.

Après la naissance de mon deuxième enfant, le besoin de consacrer une plus grande partie de mon temps à ces questions est devenu central. Comme il était fondamental pour moi de continuer à être présente auprès de ma famille, j’ai sérieusement envisagé de changer de voie professionnelle.

Je cherchai un moyen d’aider les parents et les enfants à mieux vivre ensemble.

J’ai découvert le livre d’Eline Snel « Calme et attentif comme une Grenouille », et je me suis formée dans son Académie pour partager la pratique de la méditation de pleine conscience avec les enfants et les adolescents.

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  • Concrètement, comment mets-tu en œuvre cette action ?

Je prends beaucoup de plaisir à animer des ateliers en petits groupes, les enfants sont curieux, coopèrent et sont très contents de mieux comprendre leur propre fonctionnement et de pouvoir s’exprimer sur ce qu’ils ressentent.

J’ai eu envie de partager ces moments avec des enseignants pour sensibiliser un plus grand nombre d’enfants en intervenant dans les classes. Le programme prévoit qu’en plus des 8 séances d’une heure réparties sur 8 semaines, l’enseignant anime lui-même des séances de 10 minutes les autres jours. Les enfants ont vraiment la chance de suivre un entrainement continu et la classe entière (enseignant et élèves) de profiter des bénéfices de cette pratique.

Lorsque j’ai commencé à proposer les ateliers aux établissements scolaires, j’ai ressenti de l’intérêt mais aussi beaucoup de peurs (peur des suspicions de dérives sectaires, peur de la réaction des parents…) et j’ai essuyé de nombreux refus.

Lorsqu’un établissement privé réputé m’a fait confiance, je me suis demandé jusqu’au jour de ma première intervention, si la Directrice n’allait pas se raviser !

Aujourd’hui, je continue d’intervenir dans des établissements privés qui choisissent d’investir pour le bien-être de leurs élèves.

Pour ce qui est des écoles publiques, des financements via les municipalités et les associations de parents d’élèves rendent possible mon intervention.

J’ai récemment eu la visite d’un conseiller pédagogique au cours d’une séance, qui m’a confirmé l’adéquation entre la méthode utilisée dans les ateliers et les nouveaux programmes.

Cette année, la Région Rhône-Alpes a financé le projet « Mieux se concentrer, se détendre et vivre ensemble » que nous avons mis en place avec des enseignants pour plusieurs classes au lycée lyonnais Saint Exupéry situé à la Croix Rousse.

  • Quelle est l’activité que tu préfères partager avec les enfants ?

J’aime beaucoup les séances sur les émotions. Certains enfants pensent qu’il n’est pas normal de ressentir telle ou telle émotion (colère, peur, tristesse…) et se sentent inadéquat à cause de cela.

C’est flagrant par exemple chez les petits garçons qui à la question « Avez-vous peur parfois? » répondent souvent qu’ils n’ont peur de rien… jusqu’à ce que je m’exprime sur une de mes peurs (par exemple, « j’ai peur quand je suis dans le noir et que j’entends un bruit bizarre. »)

Petit à petit, nous prenons conscience tous ensemble que les émotions font partie de l’expérience de tous les êtres humains, on ressent un certain soulagement dans la pièce, on sort du jugement pour entrer dans la compréhension. On n’est pas obligé de faire quelque chose de son émotion, certaines réactions sont d’ailleurs interdites (oui la colère nous invite à frapper, mais non, nous n’en avons pas le droit) mais il est important de reconnaitre et d’accepter son émotion pour trouver une solution et retrouver sa tranquillité d’esprit.

bienveillance

  • Peux-tu partager avec nous un moment particulier qui t’a marqué avec les enfants ?

Très récemment, un enfant est intervenu pour partager avec sa classe le plaisir qu’il a à être en silence quelques minutes en début de séance. « A la cantine, il y a du bruit, dans la cour, il y a du bruit, et là on était ensemble et il y avait du silence, ça m’a fait du bien. »

A la fin du programme, je demande aux enfants de me faire part s’ils le souhaitent de ce qu’ils ont vécu durant les 8 séances. La plupart d’entre eux apprécient les séances sur la bienveillance, sont heureux de s’être découvert des qualités et de savoir que les autres leur reconnaissent des qualités également.

  • Qu’est-ce que ton action apporte aux enfants d’après toi ?

Dans les ateliers de pleine conscience et d’entrainement à l’attention, on ne peut pas faire de fautes, tout ce qui est vécu est bien, ce qui compte est d’être le plus attentif possible. Il n’y a rien à « faire » et pas de compétition. Ces temps sont rares dans la vie de nos enfants. Je suis convaincue qu’ils sont fondateurs et qu’il est essentiel de se connecter à son intériorité pour devenir un adulte épanoui et un citoyen responsable.

  • Y a-t-il une citation, un livre, une personne qui t’a inspiré et que tu voudrais partager avec nous ?

De nombreux ouvrages m’inspirent et m’aide à garder la motivation dans les moments difficiles.

Dans le désordre, je citerai « Il n’y a pas de parents parfaits » d’Isabelle Filliozat, « Calme et attentif comme une grenouille » d’Eline Snel et « A chaque jour ses prodiges » de Jon et Myla Kabat Zinn.

Quelques citations m’accompagnent au quotidien :

« La manière dont nous parlons à nos enfants devient leur petite voix intérieure. » Peggy O’Mara.

« On fait mieux quand on se sent mieux » Jane Nelsen.

Pour conclure deux films m’ont récemment donné beaucoup d’énergie, je ne saurai que trop vous les recommander :

« En quête de Sens » de Marc de la Ménardière et Nathanaël Coste, et « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

Maryline Jury portraits-2Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site de Maryline Jury et d’Ateliers Ressources www.ateliers-ressources.com, pensez à consulter la rubrique « blog » alimentée régulièrement. Vous pouvez également rejoindre la communauté « Ressources Partagées » sur Facebook.

Merci Maryline!

2 commentaires sur « Portrait du mois d’avril »

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