Présentation de la CNV (Communication Non Violente): pour communiquer sereinement

             Vous êtes-vous déjà rendu compte que les gens qui communiquaient de manière agressive étaient en général seulement frustrés de ne pas être entendus comme ils souhaiteraient l’être ? Que finalement, ce mode de communication était une défense personnelle pour se protéger ? Lorsqu’on prend conscience de cela, on peut alors comprendre l’importance de la CNV et l’impact important qu’elle peut avoir dans la résolution de conflit.

                D’ailleurs, ce n’est pas par hasard  que la découverte de cette technique semble souvent vécue comme un renouveau, une prise de conscience particulière par rapport à la communication humaine, un espoir même parfois lorsque certains dialogues avec des personnes proches semblent ne plus pouvoir être sereins.

Qu’est-ce que la CNV ?

       Cette présentation ne sera absolument pas exhaustive mais plutôt un résumé des grandes lignes de ce courant.

        D’après Marshall B. Rosenberg, son auteur, c’est « le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant ». Un langage qui s’appuie sur des valeurs fondamentales : l’empathie, la compassion, le respect et la coopération. En simplifiant, M.B. Rosenberg part du principe que lorsque la communication avec une personne devient difficile, c’est que les besoins de cette personne ne sont pas respectés. Alors si les besoins sont formulés et acceptés par l’autre, il n’y a plus lieu d’y avoir de communication difficile. Elle peut alors s’apparenter à une technique de résolution de conflits

       Le processus de communication de la CNV suit 4 étapes :

CNV

      Il s’agit de les appliquer à la fois pour s’exprimer avec sincérité et à la fois en écoutant avec empathie. Lors d’un dialogue, je vais essayer d’observer ce que l’autre exprime de manière objective, sans jugement ; puis je vais identifier les sentiments et les besoins qui se cachent derrière les propos de mon interlocuteur de manière à bien saisir la demande qu’il y a derrière ses propos. A l’inverse, je peux aussi appliquer ces étapes lorsque je m’emporte lors d’une discussion pour essayer d’observer objectivement ce que j’exprime, puis je vais pouvoir identifier mes sentiments et mes besoins liés à ce que j’exprime et enfin effectuer une demande claire à mon interlocuteur.

Un exemple concret

       En tant qu’enseignante, j’y ai rapidement vu une application concrète en classe qui peut changer beaucoup de choses. Au lieu d’avoir ce genre de propos envers un élève ce qui arrive malheureusement bien trop souvent :

       «  Quoi ? Tu ne connais pas ta poésie ? Tu as eu un mois pour l’apprendre ! Tu ne fais vraiment aucun effort ! Je suis obligée de te mettre une mauvaise note ! Elle est méritée ! »

Pourquoi ne pas formuler les choses différemment :

        «  Je vois que tu connais pas ta poésie ? Je suis en colère parce que j’aurais aimé que tu comprennes l’intérêt de cet apprentissage et donc que tu saches cette poésie que tu as eu un mois à apprendre. Je pense que tu en es capable et j’aimerais que te donner une nouvelle chance pour tu essaies de nouveau à l’apprendre. Est-ce possible ? »

Au final, l’élève comprend que si l’enseignante lui demande d’apprendre une poésie, ce n’est pas pour l’embêter mais parce que c’est un apprentissage qu’elle juge important. Tellement important qu’elle est prête à lui redonner une chance (en adaptant d’ailleurs la longueur ou le contenu si c’est un réel problème d’apprentissage qui est en jeu). Cela entraîne un message sincère de l’enseignante envers son élève qui lui donne la possibilité de mener à bien cet apprentissage. Cela lui donne aussi la possibilité de s’exprimer sur la raison de ce non-apprentissage. A l’inverse, dans le premier exemple, l’enfant risque de se sentir nul, puni et, en plus, incompris dans le fait qu’il n’ait pas appris sa poésie.

Contrairement à ce qui pourrait être acquis lorsqu’on voit la réaction de certains parents ou de certains enseignants, il est extrêmement rare qu’un enfant fasse mal pour le plaisir. En général, cela cache plutôt une difficulté d’ordre émotionnel ou pédagogique.

Application pour les enfants

L’apprentissage de la CNV peut être introduit dans les classes à travers la technique du « message clair ». Vous pouvez retrouver l’article à ce propos ici.

Une mise en pratique pas toujours évidente qui demande patience, pratique et création de nouvelles habitudes!

         Même si cette technique a fait ses preuves dans la force de sa théorie et les multiples applications, il faut avouer que la mise en pratique demande un réel travail de fond.

Pour pouvoir observer objectivement, il faut apprendre à voir et à accepter les choses sans jugement aucun. Patience et pratique!

Pour pouvoir exprimer ses sentiments, il faut savoir reconnaître ses émotions et avoir le courage de les exprimer. Patience et pratique !

Pour pouvoir exprimer ses besoins, il faut réussir à lier ses sentiments aux besoins qu’ils expriment. Patience et pratique!

Pour pouvoir faire une demande sans exiger, il faut être prêt à ce que notre demande soit rejetée sans repartir dans un conflit.  Patience et pratique !

         Par là, nous pouvons voir que si la mise en pratique au départ échoue, il faut rester bienveillant envers soi-même et noter que ça demande une vraie pratique sur la longueur, une vraie transformation de sa façon de communiquer et de percevoir le dialogue avec l’autre,… Néanmoins, c’est un entraînement qui mérite d’être fait étant donné les conséquences positives qu’il entraîne.

         Un autre élément compliquant la mise en pratique pour les parents ayant plusieurs enfants ou pour les enseignants devant un groupe classe par exemple est que ce type de communication demande plus de temps qu’une simple remontrance, temps que nous ne sommes pas toujours prêts à prendre, surtout s’il est multiplié par le nombre d’enfants ou le nombre d’élèves.

       Pour autant, il semble évident qu’un apprentissage dès le plus jeune âge à ce mode de communication faciliterait grandement les communications de l’ensemble d’une vie. De même qu’avoir à l’esprit ce mode de communication est une vraie aide pour mieux se connaître soi, adultes comme enfants.

Pour en savoir plus

A lire : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Marshall B. Rosenberg

A regarder : Une série de vidéos de présentation de la CNV par Marshall B. Rosenberg dont la première est ici.