Les romans du film « Les chemins de l’école »

img_9519Les chemins de l’école

chez les éditions Nathan

70 pages

 

« Chaque livre raconte le périple d’un enfant à l’autre bout du monde qui brave tous les dangers pour avoir une chance d’étudier. »

          Quel plaisir de retrouver Jackson (Kenya), Zahira (Maroc), Carlos (Argentine) et Samuel (Jackson), nos héros du film-documentaire « Les chemins de l’école« ! Chacun des romans, réunis dans une série « Sur les chemins de l’école », aborde le quotidien de ces enfants pour qui aller à l’école est un véritable périple. Chaque histoire reprend le scénario du film et est accompagnée de superbes photographies nous faisant voyager en même temps que le personnage principal. Pour les enfants de 7/8 ans, ces romans sont parfaits, à la maison comme à l’école, pour faire découvrir différentes cultures à travers un regard d’enfant auquel ils s’identifient facilement. Touchant, réaliste et source de découvertes, ils donnent envie d’en savoir plus sur ces enfants des différents coin du Monde.

           À la fin de chaque roman, une rubrique « Pour en savoir plus » proposent une carte géographique pour situer le pays concerné par rapport à la France ainsi que des questions-réponses qui abordent les spécificités de chaque pays en lien avec l’école et le quotidien des enfants.

         Dans la même série de romans, vous pouvez également retrouver les héros de la série télévisée: Ani (Malaisie), Devi (Inde), Erbol (Kirghizie) et Francklyn (Madagascar).

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Le livre en colère de Cédric Ramadier

1540-1Le livre en colère

de Cédric Ramadier et illustré par Vincent Bourgeau

chez les éditions L’école des loisirs

pour les 0-3 ans

 

 

RÉSUMÉ

Le livre est tellement en colère qu’il est tout rouge! Heureusement, au fur et à mesure de ses pages, le texte l’apaise jusqu’à ce que la colère disparaisse.

AVIS DE ZEN’ÉCOLE

       Un album tout aussi original qu’il est pertinent. Le livre cartonné que le lecteur tient dans la main est rouge de colère. Les mots du texte révèle une stratégie fort efficace face à cette colère qui va d’ailleurs permettre au livre de retrouver son calme: de l’espace, puis du temps est laissé à l’émotion du livre, c’est ensuite la dédramatisation avec humour qui apparaît, la verbalisation du ressenti, un moment affectueux avec des bisous et des câlins et, pour finir, des félicitations d’avoir réussi à se calmer. Toutes les étapes y sont pour que l’enfant puisse imiter le livre la prochaine fois qu’il sera lui-même en colère!

    Le texte est court et précis, les illustrations sont simples et parlantes, le livre est agréable à manipuler: une histoire parfaite pour les jeunes enfants et utilisable aussi bien par les professionnels de l’enfance qu’à la maison.

Albums/romans sur les émotions

            Voici un aperçu non exhaustif d’albums ou de romans pour enfants traitant des émotions. Dans le listing, sous la galerie d’images, certains titres renvoient à des articles plus détaillés. Pour les autres, les articles viendront petit à petit…

  • La couleur des émotions d’Anna Llenas –  pour tous les âges –
  • Le conte chaud et doux des chaudoudoux de Claude Steiner -pour tous les âges et même les adultes! –
  • Grosse colère de Mireille d’Allancé – 3/5 ans –
  • Le temps des émotions de Julie Bélaval
  • Aujourd’hui, je suis… de Mies van Hout
  • La vague de Suzy Lee – pour tous les âges –
  • Rouge comme une tomate de Saxton Freymann et de Joost Ellfers -3/5 ans-
  • Le livre en colère! de Cédric Ramadier et de Vincent Bourgeau – tous les âges –
  • Content, fâché! Jouer avec les émotions – 3/5 ans –
  • La petite mauvaise humeur d’Isabelle Carrier – 3/5 ans –
  • Thomas n’a peur de rien de Christine Naumann-Villemin – 3/5 ans-
  • Les soucis, c’est comme les nuages de Shona Innes – 3/6 ans

Grosse colère de Mireille d’Allancé

9782211057714Grosse colère

de Mireille d’Alancé

chez les éditions L’école des loisirs

pour les 3-5 ans

 

 

RÉSUMÉ

           Robert est un petit garçon qui a passé une très mauvaise journée. Son énervement se transforme en colère, une colère qui le pousse à faire des dégâts. Mais lorsque c’est son camion préféré qui est brisé, il n’y a plus de place pour la colère qui se retrouve dans une boîte!

AVIS DE ZEN’ÉCOLE

J’ai complètement craqué sur cet album de jeunesse. J’y trouve plein d’aspects intéressants concernant la colère:

  • la colère est personnifiée et donc en partie dissociée de l’enfant
  • l’émotion de l’enfant monte, monte, monte… jusqu’à exploser
  • le fait que ce soit le personnage de la colère qui soit l’acteur des dégâts
  • l’enfant réagisse suite à son jouet brisé et répare tous les dégâts qu’il a fait
  • l’idée d’enfermer la colère dans une boîte ce qui peut être un tremplin pour proposer aux élèves ou aux enfants des boîtes à colère
  • le fait que l’émotion de la colère est donc présentée comme une émotion de passage, qui ne dure pas. Cela est important à faire comprendre aux enfants et peut les rassurer.

Même si c’est une album pour les 3-5 ans, il peut être également proposé à des enfants un peu plus âgés et servir de base à différents questionnements:

  • Comment Robert aurait pu faire pour éviter que sa colère explose/que son jouet soit brisé?
  • Est-ce que tout casser est vraiment une solution pour résoudre un moment de colère (points positifs/points négatifs)?
  • Pourquoi Robert met-il sa colère dans une boîte? (Mise en projet de l’enfant dans la perspective de fabrication de sa propre boîte à colère)

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DES RESSOURCES D’EXPLOITATION PÉDAGOGIQUE

Ce n’est qu’un mince échantillon de tout ce qui existe… C’est un classique en maternelle.

 

Le conte chaud et doux des chaudoudoux – Claude Steiner

contechaudoudouxLe conte chaud et doux des chaudoudoux

de Claude Steiner, illustré par PEF

publié chez Interéditions

 

 

 

      Ce sublime conte de Claude Steiner, psychologue adepte de l’analyse transactionnelle, est une parfaite illustration métaphorique des relations humaines. Il s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes.  Cette version est accompagnée d’illustrations prégnantes et colorées de PEF.

RÉSUMÉ

           Cet ouvrage raconte l’histoire d’un monde qui évolue, entre autres, par l’influence de deux personnes. Au début, les gens sont heureux, ils se sentent doux et chauds car ils ont la possibilité d’échanger gratuitement et à l’infini des « chaudoudoux ». Puis arrive la sorcière Belzépha qui trouve que le bonheur des autres ne va pas dans son intérêt. Elle crée alors chez eux la peur de manquer, la peur de ne pas être suffisamment aimé ce qui entraîne immanquablement de la peur, de la colère, de la jalousie et une volonté de contrôle. Les gens dépérissent petit à petit. Or, il n’est pas question pour Belzépha que les gens meurt pour autant. Elle fabrique donc des sacs de « froids-piquants » qui rendent les gens froids et hargneux. A défaut d’échanger leur chaudoudoux de peur d’en manquer, les gens se mettent alors à les remplacer par des froids-piquants. Ce qui doit arriver arrive : les gens sont malheureux. Ils le sont d’autant plus lorsqu’ils essaient de transformer leurs froid-piquants en chaudoudoux ce qui amène des incompréhensions entre les attentes et ce qui est ressenti. Heureusement que Julie doudoux arrive, ignorant tout du fonctionnement de ce monde et ayant un sac plein de chaudoudoux dont elle sait qu’il restera plein. Elle réapprend alors aux enfants à vivre comme avant, sans peur de manquer, avec le plaisir d’échanger des chaudoudoux régulièrement. Les adultes, eux, se noient dans leur inquiétude et vont même jusqu’à passer une loi pour protéger leurs enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux.

L’auteur nous laisse à la fin avec la réflexion suivante :

« Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l’insouciance des enfants ? Vont-elles se décider à suivre l’exemple de la jeune femme et des enfants et prendre le risque en supposant qu’il y aura toujours autant de chaudoudoux que l’on voudra ? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudoudoux existaient en abondance parce qu’on les donnait sans compter ? »

chaudoudoux

AVIS DE ZEN’ÉCOLE

          Cette lecture a été une révélation lorsque je l’ai entendu pour la première fois dans ma jeunesse. Le lien a été tellement vite fait. Le partage de mon stock de chaudoudoux (amour, compliments, attentions,…) avec ceux qui m’entourent leur fait plaisir et me fait plaisir. Alors pourquoi s’en priver ? Quant aux  froid-piquants (reproches, insultes, jugements,…) qui s’invitent souvent, ils ne sont pas agréables pour ceux qui les reçoivent ni pour moi. Alors pourquoi s’y attacher ? J’ai ainsi à l’époque essayé de donner un maximum de chaudoudoux contre un minimum de froid-piquants. Ca n’a pas été facile mais j’ai vite vu les bénéfices pour tout le monde. Néanmoins, il est clairement plus facile d’échanger des chaudoudoux avec des gens qui y sont réceptifs. La bonne surprise est que parfois même des personnes qui ont oublié ce que sont les chaudoudoux acceptent d’en recevoir de l’extérieur et redécouvrent la joie de ce qu’ils représentent. Cette histoire résonnait déjà en moi lorsque j’étais enfant et elle continue de le faire…

       J’apprécie la richesse de ce qui y est abordée. Ce conte nous rappelle que la nature humaine à la base est pleine de chaudoudoux, que cette ressource intérieure est intarissable et toujours présente. Suite à nos expériences bonnes et mauvaises, notre éducation, notre quotidien qui nous en éloignent, nous pouvons penser que cet état n’existe plus. Or, il est toujours là. Ce n’est pas pour rien que les adultes cherchent à se reconnecter à leur nature profonde pour trouver paix et sérénité. Cette histoire nous rappelle aussi la force de l’influence de l’extérieur mais surtout la force de l’influence de nos peurs (peur de manquer, peur de ne pas être assez aimé,…). Elle met également en effet la réceptivité des enfants et leur importance àfaire changer les choses.

      A lire et à relire, sans réfléchir, en se laissant imprégner par l’histoire. Notre personne, avec son vécu, ses expériences, ses émotions, comprend naturellement ce qu’il y a dans cette belle histoire. Libre alors à chacun de se concentrer sur ce qu’il ressent et ce que cela signifie pour lui au plus profond.

Sur le chemin de l’école – un documentaire de Pascal Plisson

             Ce documentaire, sorti en 2013, est une belle leçon de vie. Il est magnifique, intéressant et touchant. Parfait pour éveiller la curiosité, la gratitude et l’altruisme des enfants !

Il retrace le trajet surprenant pour se rendre à l’école que font quatre enfants : Jackson, 11 ans au Kenya ; Zahira, 12 ans au Maroc ; Samuel, 13 ans en Inde et Carlos, 11 ans en Patagonie.

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 » Ces enfants vivent aux quatre coins du globe mais partagent la même soif d’apprendre. Ils ont compris que seule l’instruction leur permettra d’améliorer leur vie, et c’est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir. « 

       Pour avoir proposé son visionnage à plusieurs reprises à mes élèves du CP au CM2, je peux par expérience avancer que les enfants l’apprécient beaucoup. Il fait d’ailleurs un excellent support dans le programme de découverte du Monde de cycle 2 ou dans le cadre d’un projet « Tour du monde ». Il a  été complété par une série de documentaires plus courts sur la même thématique.

        Néanmoins, son utilisation pédagogique est intéressante mais le visionnage du documentaire se suffit à lui-même. Il peut tout aussi bien être regardé en famille à la maison.

     A l’école, après l’avoir regardé, les élèves échangeaient entre eux, souvent longuement. Ce documentaire éveille en eux une curiosité sur les autres, sur le Monde, sur les modes de vie parfois vraiment différents des leurs. Le fait de s’identifier à ces enfants, bien que plus vieux de quelques années, les amènent à prendre conscience de beaucoup de choses. Il entraîne aussi chez certains une réelle gratitude (souvent momentanée mais bien présente !) sur le fait de pouvoir venir à l’école avec tout le confort dont ils bénéficient. C’est parfois un profond altruisme qui apparaît au point pour certains élèves de chercher spontanément des solutions pour améliorer le trajet des enfants du documentaire. Ce documentaire les touche souvent profondément, parfois au point de créer une atmosphère pleine d’émotions à la fin du visionnage.

Ressources:

Toutes les informations concernant le documentaire sont sur ce site : http://www.surlechemindelecole.org/contact-2/parent/

Et pour les ressources pédagogiques, voici quelques liens intéressants :

 

Le dessin animé Disney-Pixar sur les émotions: VICE-VERSA

En juin 2015 sortait le dessin-animé Vice-versa à mon plus grand bonheur! Il faut dire que j’ai vécu l’apparition de ce dessin-animé grand public produit par Disney-Pixar sur le thème des émotions comme une grande victoire! Puis, je me suis rappelée que les Etats-Unis ont une belle avance sur nous dans ce domaine. Cela n’a rien enlevé à mon excitation lorsque j’ai vu la bonne-annonce:

Le visionnage de Vice-versa est un agréable moment passé en compagnie de personnages attachants, incarnant les émotions universelles: la Joie, la Colère, la Tristesse, le Dégoût et la Peur. Ce dessin-animé nous entraîne dans le cerveau émotionnel humain avec toute sa complexité. Il est donc un véritable support pour amener l’enfant à s’interroger de manière ludique sur les émotions et la gestion de ces dernières.

Voici d’ailleurs un exemple de séance en classe autour de Vice-Versa que je trouve vraiment intéressant. Il se trouve sur le blog de Desperate maîtresse.

Adulte comme enfant, si vous ne l’avez pas vu, je vous encourage vivement à le visionner. Il vaut le coup!