Portrait du mois de décembre

– Soizic Michelot et Anaël Assier –

auteurs du livre Comment ne pas finir comme tes parents

 Je suis heureuse de vous présenter en ce mois de décembre, Soizic Michelot et Anaël Assier qui agissent dans leur quotidien pour le bien-être des enfants et des adolescents. 

  • Bonjour Soizic et Anaël, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous?

Soizic : Jamais facile de se présenter ! La réponse officielle : je suis enseignante de méditation pour les adultes et les ados, dans le privé et en institution médico-sociale. La réponse officieuse : j’aime la nature, les arbres en particulier, la nature humaine aussi. J’essaye de comprendre les rouages de mon esprit un peu plus chaque jour, notamment par la pratique de la méditation.

Anaël : Bonjour Zen’école, et merci pour l’invitation. Que dire… J’aime les cochons d’inde, les films d’action, les bonsaïs, la fondue, mais peut-être plus encore, la sagesse qui veille au cœur des traditions chinoises et tibétaines. Très tôt, j’ai tourné mon esprit dans cette direction, et 20 ans plus tard, mon admiration n’a de cesse de croitre devant les découvertes concernant le fonctionnement de l’esprit que nos lointains ancêtres nous ont patiemment légué… Aujourd’hui encore, j’étudie et enseigne cette connaissance remontant à plusieurs milliers d’années, persuadé qu’elle peut, plus que jamais, transformer nos vies.

  • Quelle action avez-vous mis en place dans votre quotidien pour œuvrer pour le bien-être des enfants et/ou des adolescents ?

Soizic : Avec Anaël nous avons écrit un ouvrage qui s’inscrit dans la continuité des séances de méditation que nous partageons avec les ados et les jeunes adultes. L’action principale est de leur proposer de tourner le regard vers l’intérieur car après quelques années de pratique de la méditation, il nous semble que faire connaissance profondément avec le propriétaire est une clé de survie précieuse.

           Le mot bien-être me met toujours mal à l’aise quand on parle de méditation, car c’est loin d’être une pratique toujours confortable au premier abord. Avant de découvrir des ressources, on passe inévitablement par une phase de prise de conscience de sa propre confusion, de ses propres émotions et du tumulte de ses propres pensées. Le but de la méditation n’est pas forcément le bien-être mais plutôt être-bien, autrement dit en amitié, avec tout ce qui nous arrive, y compris ce qui est  inconfortable !

Anaël : Comme le disait Soizic, dernièrement, l’action majeure que nous avons mise en place est l’écriture de notre livre, synthèse de nos vingt ans de pratique. Indépendamment du pôle méditation, je travaille en musicothérapie depuis une dizaine d’années avec des enfants entre 5 et 12 ans, et dernièrement, je me suis dit que pour certains, il n’y avait pas d’autres problèmes qu’un léger manque d’attention. Fort de cette constatation, je me suis formé à la méthode dite « de la grenouille » d’Eline Snel, que je propose en petits groupes.

  • Qu’est-ce qui t’a amené à mettre en place cette action ?

Soizic : La raison est assez biographique. J’ai découvert la méditation quand j’avais 20 ans alors que j’étais très envahie par mon anxiété, mon image, le regard des autres… J’étais coupée de mon corps. Mes pensées et mes émotions partaient dans tous les sens, j’intellectualisais tout, je coupais les cheveux en quatre et encore en quatre. J’aurais pu m’engager dans la coiffure mais j’ai choisi d’apprendre à méditer. Et cela a été d’une aide considérable et l’est encore. Est né ensuite le désir de partager cette approche.

Anaël : L’envie de partager tout ce qui peut m’aider à apprécier cette vie, à élargir mon point de vue sur les situations et moi-même, à regarder et écouter sans juger, à trouver des ressources dans les moments où je me suis senti démuni, particulièrement à l’adolescence. Mon goût pour l’écriture a aussi été un moteur. Quand Soizic m’a proposé de mettre sur papier de façon ludique notre expérience, j’y ai vu tout autant un challenge qu’un cadeau…

  • Pourquoi avoir choisi ce titre d’ouvrage ?

Soizic : Ce titre est une façon de signifier que nous allons parler de quelque chose qui nous tient à cœur, la méditation, sans trop nous prendre au sérieux. C’est le premier point. L’autre idée du titre est de soulever la question des valeurs… Le monde que nous léguons aux plus jeunes laisse fortement à désirer (crises écologique, économique, éthique…). L’idée sous jacente est donc de réfléchir à ce que nous pouvons faire, chacun à notre mesure, pour ne pas aggraver la situation.

Anaël : Parce qu’il faisait rire les gens à qui on en parlait. Et parce qu’il résume bien notre état d’esprit. En gros, c’est une façon un peu lol de dire « et si on essayait autre chose ??? ». Et puis il nous fallait un titre accrocheur, car ce qu’on y propose est tout de même assez exigeant. C’est presque un défi qu’on lance au lecteur. Et le lecteur qu’on vise est précisément celui qui se trouve à un âge où il a plus envie de relever des défis que de recevoir des leçons.

  • Vous avez commencé tous les deux à pratiquer la méditation au moment de l’adolescence, que pensez-vous que cela a apporté dans votre vie ?

Soizic : Du recul, un peu plus d’humour, de clarté, de simplicité et surtout une direction : si j’oublie pas les autres, ma vie sera assurément plus cool !

Anaël : Moi, ça a tout changé… Cette pratique a profondément modifié la perception que j’ai de mon corps, de mes pensées, du monde, et de ma raison d’être au sein de celui-ci. Prenant conscience de mon existence, je crois être devenu plus conscient de celle des autres, et donc plus attentif à leurs besoins aussi.

      Par ailleurs, adolescent, je fumais pour « entendre » et « composer » de la musique. Mais la drogue altère les sens et fais perdre la mémoire. Un jour, je me suis dit : il doit bien être possible d’expérimenter le son de cette façon sans substance… Le beau ne doit pas être l’apanage des psychotropes… Et voilà.

         Quand j’y repense, une des raisons principales qui m’a amené à la méditation, c’est la recherche de la beauté.

  • Pouvez-vous partager avec nous un moment particulier qui vous a marqué avec les enfants et/ou les adolescents ?

Soizic : C’est systématique, le moment qui me touche à coup sûr est celui où les ados (et les adultes aussi d’ailleurs) arrêtent de jouer au super héros et dévoilent un peu de leurs vulnérabilités. À partir de là, les ressources ne sont pas loin et tout est beaucoup plus détendu et plus drôle aussi.

Anaël : Quand t’as un petit groupe de gosses qui sont en posture, sans désir de perfection, le visage traduisant une véritable intériorisation, ouais, c’est touchant… Et pour l’instructeur, c’est reposant aussi ! 😉

  • Y a-t-il une citation, un livre, une personne qui vous a inspiré et que vous voudriez partager avec nous ?

Soizic : Il y en a beaucoup ! Il y a quelques années j’aurais sans doute donné des noms de gens très cultivés ou très sages… Mais aujourd’hui ce sont les gens que je croise au quotidien qui m’inspirent. Mes proches ou moins proches quand ils retournent les situations galères pour en faire des opportunités, mon conjoint car il est très patient (notamment avec moi !), mes enfants pour la fraicheur de leur regard, toutes les personnes avec qui je partage la méditation car je suis toujours touchée par leur richesse et mon chat parce qu’il est super détendu.

Anaël : Là, tout de suite, je pense aux travailleurs sociaux. Dans la grande guerre contre l’ignorance, le repli et la peur, ils sont en première ligne… Mais tout occupés qu’ils sont à œuvrer, malheureusement, on ne les entend pas trop.

commentcouv

Pour plus d’informations sur Soizic, vous pouvez vous rendre sur les sites mbsr-paris.fr et enfance-et-attention.org ainsi que la retrouver sur sa page facebook Soizic Michelot – MBSR Paris

Pour plus d’informations sur Anaël, vous pouvez vous rendre sur le site  meditation-grenoble.fr ainsi que le retrouver sur sa page facebook méditation, gloire et beauté

Merci à vous, Soizic et Anaël !

 

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