Les challenges du méditant débutant (2)

yoga-304635_1280

         Effet de mode pour certains ou  réel besoin sociétal pour d’autres, de plus en plus de gens sont attirés vers la pratique de la méditation. Là commence un vrai parcours du combattant devant la multitude de choix qui se présente ! Je vous rassure, il est facile d’arriver au bout rapidement sans souci à condition d’avoir les bonnes informations et de se poser les bonnes questions.

        Je vais tenter dans cet article de répondre aux questions que se posent souvent les personnes souhaitant débuter une pratique de méditation chez eux. Comme d’habitude, mes réponses seront loin d’être exhaustives.

  • Pourquoi se mettre à la méditation ?

Parce que vous en avez envie !

Par contre, si c’est  pour devenir plus intelligent, maigrir, moins stressé, plus heureux,…  vous prenez le risque d’être déçu. Je ne dis pas que la pratique de la méditation ne permet pas cela mais méditer dans un but précis de ce genre vous fera probablement passer à côté de la méditation elle-même.

Restez seulement curieux des multiples bénéfices qui ont été démontrés suite à une pratique régulière de la méditation. Il y en a et vous ne risquez pas de passer à côté d’eux s’ils se présentent à vous !

  • Quel type et quelle forme de méditation choisir ?

Je vous renvoie à l’article La méditation : pour une meilleure connaissance de soi pour la réponse à cette question.

Sachez néanmoins que la méditation de pleine conscience se prête bien à une pratique débutante étant donné qu’elle est laïque, qu’elle a fait l’objet de dizaines (voire centaines) d’études scientifiques grâce au protocole MBSR de Jon Kabat-Zinn dont je parlerai prochainement et que vous pouvez participez à un programme MBSR de 8 semaines en groupe avec un instructeur formé à celui-ci afin d’acquérir la connaissance théorique et pratique de base. Néanmoins, en cas d’investissement financier limité ou de temps insuffisant, une pratique à domicile est déjà un excellent début même s’il n’est pas le plus simple.

Il arrive parfois que ce n’est pas nous qui allons vers un type de méditation mais un type de méditation qui vient à nous alors ayez les yeux ouverts à ce qui se présente à vous.

  • Les considérations matérielles

Les conditions

         Pour pratiquer des temps de méditation formelle, les conditions vont importer beaucoup plus que le matériel. Il est nécessaire que vous vous accordiez un temps fixe dans un lieu calme où vous serez certain de ne pas être dérangé (ni par la famille, ni par le téléphone, ni par le chat,…). Il peut s’agir de  5 min comme d’1 heure ; l’important étant surtout que ce temps soit régulier. Dans l’idéal, une pratique hebdomadaire est conseillée. Chacun choisit le moment de la journée qui se prête au mieux à ses habitudes physiologiques. Personnellement, je préfère le matin au réveil après une courte douche et avant le petit déjeuner car cela me permet de commencer la journée qui m’attend en accord avec moi-même. Pour les personnes qui sont plutôt du « soir », une pratique matinale peut être difficile ; une pratique en début de soirée peut alors être un choix plus adapté et qui peut amener en plus un sommeil plus serein. Il peut être intéressant de savoir qu’une pratique juste avant de dormir est souvent doublement difficile car la capacité d’attention est diminuée du fait de la fatigue. N’hésitez pas à faire des tests également pour sentir quel moment vous convient le mieux et instaurer tranquillement votre routine.

Le matériel

Pour le matériel, il n’est pas nécessaire d’investir dès le départ. Pour la méditation assise, vous pouvez utiliser une chaise sur laquelle vous serez assis le dos bien droit et les pieds posés à plat au sol ou alors un coussin de quelques cm de hauteur sur lequel vous poserez vos fesses tout en croisant les jambes devant ou alors sur lequel vous vous assiérez à genoux. Par la suite, vous pourrez, si vous le souhaitez, investir dans un « zafu ». Je vous conseille d’ailleurs ceux de Zafu-shop qui sont d’excellentes qualités. Pour la méditation allongée, un tapis de salon ou une literie suffisamment dure peut convenir. Par la suite, vous pourrez éventuellement acheter un tapis type tapis de gymnastique ou tapis de yoga, surtout si votre lieu « calme » n’est pas équipé.

La position des mains

La position des mains à adopter en méditation assise, jambes croisées,  dépend du type de méditation choisi surtout lorsqu’il s’agit de méditations traditionnelles dans lesquelles la position a une signification bien précise. Si aucune posture ne vous est proposée, vous pouvez tout simplement poser vos mains sur vos cuisses, paumes vers le bas. Le principal étant que vous soyez dans une posture confortable tout en gardant le dos bien droit et en ayant les trapèzes relâchés.

13499690_1773740272861482_1876589546_o meditation-857916_192013509564_1773742989527877_569424440_o

  • Est-ce que la méditation convient à tout le monde ?

Contrairement à ce qui devient une information communément admise, la méditation ne convient pas à tout le monde ou plus exactement peut avoir des conséquences négatives chez certaines personnes de manière plus ou moins temporaire. Il est important d’en avoir connaissance pour rester bienveillant envers vous même si cela vous arrive.

Pour commencer avec les cas bien particuliers, la méditation peut aggraver certains symptômes chez des personnes présentant des troubles ou ayant des antécédents psychiatriques. Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article.

A part cette situation particulière, tout à chacun peut être concerné par les propos suivants. Très souvent, nous nous tournons vers la méditation car nous sommes trop stressés, trop angoissés, trop « mal »,… En d’autres termes, c’est dans l’optique de faire cesser une souffrance plus ou moins importante que nous allons commencer à pratiquer. Sachez tout simplement que, dans un premier temps, vous pouvez avoir l’impression que votre pratique aggrave la situation du fait du changement de perception sur les choses induite dans la méditation : vous vous sentez encore plus stressé ou angoissé tout simplement parce que vous voyez et ressentez clairement votre stress ou votre angoisse en méditant ; vous vous sentez encore plus « mal » ou « déprimé » tout simplement parce que vous voyez et ressentez tout ce qui ne vous convient pas dans votre vie ! Vous pouvez aussi vivre des remontées émotionnelles intenses, (crise de larmes, grosse colère,…). Tout cela est complètement normal! Et c’est là qu’il faut… persévérer ! Vous ne pourrez vous débarrassez de votre souffrance que si vous en prenez conscience et décidez d’agir en conséquence.

En tout cas, la bonne nouvelle est qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méditation donc aucune pression de réussir ou non ! Ça change des habitudes de notre société, n’est-ce pas ?

  • Les challenges du méditant débutant

  • Pratiquer régulièrement
  • Réussir à être bienveillant avec soi-même
  • Se détacher de l’idée de faire de la méditation dans un but précis
  • Être patient pour gagner en souplesse et donc en confort pour tenir sa position de méditation assise
  • Rester éveillé en cas de pratique en position allongée
  • Accepter la nouvelle vision sur les choses qu’entraîne la pratique de la méditation
  • Accepter les préjugés des non-connaisseurs sur cette pratique
  • Les astuces pour persévérer

  • Créer un  « rituel » dans des conditions optimales pour vous afin de vous offrir « mon moment bien-être/pause de la journée », que ce moment soit à vous, rien qu’à vous, pour prendre soin de vous
  • Avoir une ressource en cas de difficultés ou de doute : un instructeur qualifié, un manuel CD, un proche avec qui échanger sur la pratique,…
  • Etre tolérant avec soi-même et ne pas se créer un « défi-méditation ». Si un jour vos pensées sont tellement agitées que vous méditez 5 minutes au lieu de 10 minutes après avoir fait de votre mieux pour ramener votre attention, acceptez le et ça ira mieux le lendemain. Si vous ne pouvez pas honorer votre séance de méditation une fois (pas 4 fois non plus 😉 ) dans la semaine, ce n’est pas un drame non plus. Le mot-clé pour cela et pour un quotidien meilleur c’est : faites de votre mieux en vous respectant.
  • Comprendre une des facettes primordiale de la méditation qui est d’accepter ce qui est sans chercher à le changer mais plutôt à l’observer. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien changer au contraire, cela signifie que la première étape est d’observer, de voir, de mettre en exergue les mécanismes ou schémas qui nous amènent à certaines situations.
  • Ne pas chercher à convaincre les personnes de votre entourage qui verrait cela d’un mauvais œil. Se concentrer uniquement sur votre vision à vous.

Puissiez-vous vivre cette belle expérience qu’est la pratique de la méditation.

 

Groupe facebook pour les instits en souffrance au travail

Si vous êtes professeurs des écoles, en difficulté ou en souffrance par rapport à votre travail à l’école, sachez qu’il existe un groupe virtuel de partage et d’écoute sur facebook pour les collègues dans votre cas. Vous pourrez y parler de votre situation et bénéficier du soutien des autres membres du groupe qui ne connaissent que trop bien ce que vous devez vivre.

Si vous êtes intéressés pour en faire partie, contactez-moi sur zenecole@yahoo.com et je contacterai la modératrice pour vous y ajouter.

La psychologie positive : la science du bonheur

smile-1031894_1280

Qu’est-ce que « la psychologie positive » ?

        La psychologie positive est une discipline de la psychologie créée par Martin E. P. Seligman (1998) et basée sur de nombreuses études scientifiques. Vous allez rapidement vous en rendre compte, même si c’est une discipline récente, elle est basée sur des principes vieux comme le monde ce qui la rend accessible au grand public.

        Contrairement à certains courants en psychologie, la psychologie positive ne s’intéresse pas uniquement aux pathologies et à leurs sources, donc à « ce qui ne va pas », mais également à « ce qui va ». Il est tellement facile de se retrouver impuissant, découragé devant la prise de conscience de tout ce qui est source de souffrance en nous que c’est une révolution de pouvoir s’appuyer, en parallèle, sur nos forces.

Quel rapport concret avec le bien-être des enfants?

       Il est compliqué de ne pas faire le parallèle avec le milieu scolaire. N’est-il pas plus motivant pour un enfant présentant des difficultés en mathématiques de faire des efforts pour s’améliorer s’il a entendu par ailleurs son enseignant ou ses parents lui dire qu’il était doué en français, en sport, en dessin, etc. ? Il sait alors qu’il a des compétences scolaires dans ces matières là et cela lui sert de ressource pour croire en lui. Combien de fois ai-je remarqué les réactions dépitées voire les remarques destructrices des parents devant une évaluation ratée alors que je remarquais paradoxalement un manque de réaction positive face à une évaluation réussie.  Souvent, cette attitude semble acceptable car il est « normal » qu’un enfant travaille bien à l’école et anormal que ce ne soit pas le cas. Or, ce point de vue est erroné. Il est aussi normal de se réjouir de ce qui est considéré comme « normal » car c’est ce qui consolide les ressources d’un enfant (ou d’un adulte) pour aller de l’avant. Cela accentue à la fois la gratitude de l’enfant envers ses parents et met également en avant l’aspect positif qui autrement serait passé inaperçu. Cet exemple est facilement transposable à la vie quotidienne et familiale de l’enfant mais également à celle de l’adulte.

Zoom sur la psychologie positive

        La psychologie positive s’intéresse à différents sujets tels que le bien-être, la gratitude, l’intelligence émotionnelle, l’optimisme, la pleine conscience, le pardon, l’altruisme, le sens donné à la vie, ses forces personnelles, etc.  Autant de thèmes que vous pourrez retrouver plus spécifiquement dans d’autres articles du blog. Il est important de rappeler que la psychologie positive ne rentre pas dans le courant naïf du « Je vais bien, tout va bien », elle prend en compte également les pathologies, les émotions négatives, les événements difficiles propres à la vie de chacun. Toutefois, elle n’en fait pas son objet d’étude central mais propose différentes ressources pour mieux vivre les aspects vécus comme négatifs.

Pour en savoir plus (ressources absolument non exhaustives) :

Je vous propose un lien qui mène à un questionnaire en ligne dégageant vos forces personnelles : https://www.viacharacter.org/survey/account/register La page de présentation est en anglais mais le questionnaire existe en français. Il s’adresse aux adultes.

Ouvrages

La psychologie positive de Rébecca Shankland chez Dunod : un ouvrage de présentation de la psychologie positive complet et citant grands nombre d’études scientifiques

La psychologie positive : pour aller bien de Yves-Alexandre Thalmann chez Odile Jacob : un ouvrage complet sur la psychologie positive avec des exercices pratiques à effectuer

Psycho positive : mode d’emploi de Monique Borcard-Sacco chez Jouvence éditions : un petit ouvrage rapide à lire

Psychologie positive : le bonheur dans tous ses états de Christophe André, Thomas d’Ansembourg, Isabelle Filliozat, Eric Lambin, Jacques Lecomte, Matthieu Ricard sous la coordination d’Ilios Kotsou et Caroline Lesire : un ensemble de réflexions menées par différents noms célèbres autour de thématiques liées à la psychologie positive

Introduction à la psychologie positive, science de l’expérience optimale de Ilona Boniwell chez Payot : en cours de lecture

Vidéos

Replay de « Leurs secrets du bonheur » avec Ilios Kotsou, chercheur en psychologie des émotions à l’Université de Louvain : une émission grand public avec des témoignages, des expériences sur le plateau et les connaissances scientifiques d’Ilios Kotsou.

Replay de « J’ai décidé d’être heureux » avec trois spécialistes du sujet : Jordie Quoidbach, Laurence Bibas et Karim Ngosso qui coachent à Nantes 7 volontaires dans un programme d’amélioration de leur niveau de bonheur.